WordPress 5.9 “Josephine”

WordPress 5.9 est disponible au téléchargement en français et porte à l’honneur Joséphine Baker. Cette version majeure apporte la deuxième partie du Full Site Editing qui permet une édition complète de son site. Un tour d’horizon et mon avis personnel dans cet article.

L’édition complète de site ou Full Site Editing débarque

C’est la nouveauté principale de cette version 5.9 : l’édition complète de site. Vous avez désormais le contrôle total de votre site sans toucher au code. La promesse est alléchante au premier abord et satisfera nombre d’utilisateurs débutants. Pour les utilisateurs avancés et les professionnels, l’intérêt retombe vite avec les mêmes problématiques propres aux constructeurs de pages comme Elementor.

Si vous utilisez l’éditeur par bloc plus connu sous le nom de Gutenberg alors vous apprécierez la poursuite des développements opérés ici. Si, en revanche, vous faites parti des fans de l’extension Classic Editor ou que vous utilisez à la marge le nouvel éditeur alors passez votre chemin.

Bandeau de présentation de WordPress 5.9

Twenty Twenty-Two, le nouveau thème par défaut

Pour profiter du Full Site Editing, il vous faut un thème compatible avec l’approche par blocs. Adieu les menus et autres widgets que vous retrouviez sous le module Apparence de votre administration WordPress. Une fois ce nouveau thème actif, seul le mode Éditeur est disponible.

L’éditeur de site remplace l’outil de personnalisation

Actuellement en version beta, cet éditeur vous permet de modifier la totalité des pages de votre site y compris les pages dites d’archive qui nécessitaient jusqu’alors de passer par le code PHP du thème. Vous pouvez ainsi créer un modèle pour vos articles et appliquer des changements en masse par la suite.

Lors de mes tests en local sur une installation vierge, j’ai toutefois constaté des erreurs majeures sur des blocs impossibles à récupérer. Ma grande crainte est la suivante : créer de belles mises en pages et se retrouver avec une base de données corrompue et tout perdre… on peut certes faire un export des données de modèles mais je doute que tout le monde le fasse. Pour un développeur, rien ne peut remplacer un code versionné sous git.

Une autre particularité caractérise ce genre de thème : les modèles PHP disparaissent au profit de fichiers HTML. C’est donc un véritable changement de paradigme qui est proposé avec les thèmes par blocs. Pour ma part, j’ai bien du mal à voir comment les développeurs vont pouvoir opérer correctement sur des projets professionnels.

Cet excellent fil Twitter résume bien ma pensée :

Prenez garde si vous opérez des bascules entre des thèmes classiques et des thèmes par blocs, passez de l’un à l’autre risque de poser pas mal de problèmes. Pour le moment, seule une poignée de thèmes par blocs sont disponibles à l’installation et il faudra patienter pour constater ou non une adoption massive de ces derniers.

Avec le quasi-monopole d’un constructeur de page comme Elementor – je ne suis pas fan de ce genre de solution, la concurrence est rude. De plus, l’interface reste bien plus aboutie en termes d’expérience utilisateur et d’ergonomie avec un écosystème très riche et un support réactif.

Pour ma part, la philosophie de l’open source c’est avant tout le choix. Je reste partisan des thèmes sur-mesure conçus spécifiquement pour les besoins d’un projet car ils offrent le meilleur niveau de qualité Web (SEO friendly, maîtrise du code produit, performances, etc.) tout en reposant sur WordPress. Ils sont également les plus durables et respectueux des standards de développement Web. Les plus exigeants comprendront !

La gestion des styles : typographies, couleurs

Après la gestion des structures de pages, place aux styles !

WordPress 5.9 embarque une gestion globale des polices, de palettes de couleurs (arrière-plan, texte, liens) et d’une gestion des marges. Attention toutefois aux performances avec une police très lourde (+ 400 Ko) embarquée dans le nouveau thème par défaut. On notera également la multiplication des fichiers CSS / JS chargés en fonction des blocs utilisés dans la page : c’est positif pour éviter de charger la totalité des styles et autres scripts mais je reste dubitatif sur des pages avec des dizaines de blocs issus de multiples extensions. Cela dit on retrouve déjà ce problème avec les constructeurs de pages malgré leurs tentatives répétées pour s’absoudre de cette mauvaise réputation.

Techniquement, ces possibilités sont spécifiques à chaque thème et sont définies dans un fichier theme.json ce qui est appréciable. Ce format de fichier est simple à modifier par les développeurs et à faire évoluer. Les thèmes enfants sont également supportés directement depuis l’interface WordPress.

Un bloc navigation pour gérer vos menus

Le nouveau bloc de navigation dispose de fonctionnalités mobile first et un enregistrement des changements en base comme un type de contenu personnalisé… qui reste caché sauf si on clique Gérer les menus pour accéder à un outil qui ne permet de changer que le titre. Là, je suis perdu !

La gestion des menus est incompréhensible

Ce bloc est pour moi une régression : la gestion des menus est un élément essentiel d’un site Web. Le bloc proposé souffre d’une interface confuse avec trop de réglages et ne permet pas de comprendre facilement comment composer réellement son menu. Il faut beaucoup de clics pour parvenir à un résultat, c’est frustrant.

Autres nouveautés

Une vue liste remaniée

Petite victoire ici : on peut enfin glisser / déposer les blocs à l’aide de la vue liste qui fait office de sommaire. Sur des pages complexes avec des dizaines de blocs c’est une belle amélioration.

Le glisser / déposer débarque dans la vue liste

Un sélecteur de langues sur la page de connexion

Cette nouveauté concerne exclusivement les installations non anglophones qui disposent de langues supplémentaires installées. C’est donc le cas pour les francophones qui peuvent afficher une page de connexion dans une autre langue.

Un intérêt très limité il faut bien l’avouer à une époque où les navigateurs modernes intègrent des outils de traduction à la volée. De plus, si vous avez personnalisé vos pages de connexion, il faudra mettre à jour votre code pour ajuster ou masquer ce sélecteur.

Pour consulter la liste complète des changements, je vous renvoie sur l’article du Make WordPress.

Télécharger WordPress 5.9

Vous pouvez obtenir gratuitement la mise à jour via le module Tableau de bord puis Mises à jour de votre interface d’administration ou en téléchargeant directement l’archive.

WordPress 5.9 'Joséphine'

La version française de WordPress 5.9 "Joséphine".

Taille : 20,5 Mo  • Hits : 98

Comme toujours, je recommande au préalable une sauvegarde intégrale de vos données (fichiers et base de données) pour éviter tout problème. Si vous n’êtes pas pressé, patientez 3-4 semaines afin de bénéficier des correctifs postérieurs à la nouvelle version.

Le mot de la fin

En conclusion, cette version 5.9 introduit de nouvelles fondations qui mettront des années à produire leurs effets sous réserve que l’écosystème existant bascule dessus. L’approche par blocs apporte certes de la flexibilité pour l’utilisateur lambda mais rebutera les usages plus professionnels. Le mélange fond et forme au sein d’un éditeur de contenu éloigne, selon moi, WordPress de sa mission première : publier du contenu. Je reste donc sur mon analyse détaillée partagée depuis WordPress 5.8.

On n’oubliera pas de remercier les très nombreux contributeurs bénévoles répartis sur la planète qui ont permis la sortie de cette version 5.9 de WordPress. Vivement la 6.0 !

Par Aurélien Denis

Consultant & Développeur WordPress / WooCommerce. Un site à créer, à maintenir ou à débuguer ? Contactez-moi.

1 commentaire
  1. Li-An

    Après avoir pesté contre Gutenberg, je m’y suis mis petit à petit. Je ne veux pas que le contenu soit prisonnier d’un constructeur de page classique et je me suis rendu compte que Gutenberg me permettait de réaliser des mises en page compliquées (par exemple pour ma biographie) sans avoir à m’arracher les cheveux avec du code. Une fois les maux de crâne passés, je me suis dit que je pouvais profiter de ces ajouts visuels pour améliorer la lecture de mes articles très orientés “images” et quelques fois un peu rébarbatifs sur la longueur. Du coup, j’ai vraiment envie de passer à un nouveau thème compatible Gutenberg… voire FSE ! Mais je ne suis pas un pro, je n’ai pas de site à vendre 🙂 J’ai conscience des problèmes de lourdeur inhérent à ce concept mais il faut bien que je m’amuse à créer mon contenu. Entre un site ultra optimisé mais que j’abandonne peu à peu et un mal fichu niveau code mais qui me fait plaisir, j’ai bien peur d’avoir fait le choix. En même temps, j’ai toujours lu que WP ce n’était vraiment pas génial côté code comme CMS.

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