Dénommée « Rollins » en l’honneur du légendaire saxophoniste de jazz Sonny Rollins, WordPress 6.7 est disponible au téléchargement. Elle embarque un nouveau thème par défaut – Twenty Twenty-Five, un meilleur contrôle des typographies, la possibilité de dézoomer pour obtenir une vue d’ensemble dans l’éditeur de blocs, la gestion des contenus dynamiques dans les blocs et des améliorations notables sur les performances et l’accessibilité.
Aperçu des nouveautés pour l’utilisateur final
Cette nouvelle mouture contient d’énormes changements avec plus de 300 tickets résolus, un travail colossal porté par plus de 750 contributeurs à travers le monde. Un immense merci à eux pour ce travail bénévole qui fait du projet WordPress l’un des plus actifs en matière d’open source.
Twenty Twenty-Five, le nouveau thème par défaut basé sur les blocs
Chaque année, un nouveau thème par défaut est embarqué dans WordPress.
L’objectif de ces thèmes est double :
- Proposer une vitrine technologique des possibilités actuelles du logiciel : la part belle est faite à l’éditeur de site communément appelé le Full Site Editing avec un thème basé à 100% sur l’usage des blocs et des variations de thèmes (couleurs, typographies, etc.) ;
- Favoriser les bonnes pratiques de développement de thèmes sur-mesure : c’est un excellent moyen d’apprendre à créer son premier thème en respectant l’approche native de WordPress, sans surcouche et tout en légèreté ;
Twenty Twenty-Five nous fait la démonstration des possibilités de personnalisation infinies offertes par le FSE grâce aux options de style, de compositions de blocs ou encore de palettes de couleurs. Une approche qui réunit les équipes créatives et techniques avec les utilisateurs finaux : il y en a pour tous les goûts quel que soit votre niveau avec WordPress.
Je ne peux que vous conseiller de tester ce nouveau thème qui allie puissance et simplicité.
Dézoomer pour visualiser votre contenu dans son intégralité
Opérer un zoom arrière d’un simple clic lors de l’édition d’un modèle de page est désormais possible. Ce nouvel icône permet d’obtenir la vision d’ensemble d’une page, très pratique pour valider la hiérarchie des informations et du parcours utilisateur.
Vous pourrez même ajouter, déplacer ou supprimer des compositions depuis ce nouveau mode d’affichage. Loin d’être un gadget, cette fonctionnalité facilite grandement l’édition des pages complexes.
Connecter les champs personnalisés et les blocs pour récupérer des données dynamiques (sans coder)
C’est sans doute la nouveauté majeure de cette nouvelle version de WordPress : une interface utilisateur voit le jour pour connecter des données issues des champs personnalisés à des blocs en quelques clics et ce, sans coder.
En réalité, il s’agit ici des évolutions portées par l’API Block Bindings qui était déjà présente sous le capot depuis WordPress 6.5.
Concrètement, cette fonctionnalité va peu à peu concurrencer une extension comme Advanced Custom Fields mais de manière native. Une petite révolution nécessaire tant les besoins sont exponentiels depuis l’avènement des blocs.
Pour l’instant, seuls les blocs paragraphe, titre, image et bouton disposent de cette nouvelle interface. C’est idéal pour commencer à se faire la main et assurer la promotion de l’API Block Bindings auprès des différents publics d’utilisateurs de WordPress. À terme, il sera possible de récupérer les données issues d’extensions tierces comme ACF.
Voici une vidéo officielle de présentation de ce nouveau concept.
Modifier les réglages de typographies du thème
Les développeurs définissent les règles de typographies dans le fichier theme.json du thème comme, par exemple, les tailles disponibles. Chaque taille se caractérise par un minimum et un maximum pour un rendu variable selon les résolutions d’écran. C’est l’approche clamp qui est portée ici au sein de l’interface pour une approche mobile first optimale.
Grâce à WordPress 6.7, vous pouvez visualiser ces réglages prédéfinis dans le code directement depuis l’éditeur de site. Sans toucher au code, vous pouvez donc modifier chaque taille et indiquer s’il s’agit ou non d’une typographie fluide supportant un affichage variable. Seules certaines polices récentes sont dites variables, je vous recommande d’ailleurs de les privilégier pour un rendu optimal.

Je salue l’approche technique retenue pour la gestion des typographies dans WordPress : cela évite d’ajouter du code supplémentaire en fonction des niveaux de résolutions dans la plupart des cas de figure. Le code produit est ainsi plus léger en sortie. C’est également nettement plus facile à maintenir.
Des améliorations sur la performance
WordPress 6.7 propose d’importantes mises à jour en matière de performances, notamment un chargement plus rapide des modèles, des aperçus optimisés dans le composant des vues de données, une meilleure prise en charge de PHP 8+ et la suppression du code obsolète, des tailles automatiques pour les images chargées en différé et un traitement plus efficace des balises dans l’API HTML.
Des améliorations sur l’accessibilité
Cette version apporte pas moins de 65 correctifs et améliorations pour l’accessibilité de WordPress. Elles se concentrent principalement sur les composants de l’interface utilisateur ou encore l’en-tête de l’écran de connexion.
Aperçu des nouveautés pour les développeurs
Le volume des changements techniques est colossal dans cette version 6.7. Vous pouvez retrouver la liste complète dans la note technique officielle, en voici ma sélection.
Support des images au format HEIC
Les images au format HEIC sont désormais automatiquement convertis au format JPEG lors du téléversement dans la bibliothèque de médias. Ce format est utilisé sur les terminaux Apple mais son adoption par les navigateurs Web est très lent, seul Safari le navigateur de chez Apple, le supportant.
Cet apport est très louable même si cela dépendra directement de la compatibilité avec le serveur. Il est nécessaire de vérifier que le module PHP Imagick supporte HEIC. Vous pouvez le vérifier dans Outils puis Santé du site.
API Template Registration
Cette nouvelle API simplifie l’enregistrement de modèles personnalisés pour les extensions, ce qui permet de surclasser les thèmes et de personnaliser les catégories de modèles pour une plus grande flexibilité. Cela permet aux extensions d’ajouter des modèles et de les regrouper évitant que le chaos ne s’installe dans la liste.
Ajout d’options dans le menu de prévisualisation
Les créateurs de thèmes et d’extensions peuvent désormais ajouter de nouvelles options de prévisualisation dans le menu déroulant prévu à cet effet. Nous pouvons espérer que les développeurs s’emparent de cette possibilité pour enrichir l’expérience utilisateur liée à la prévisualisation des éléments.
Tailles automatiques pour les images chargées en différé
WordPress 6.7 ajoute sizes="auto" pour les images chargées en différé selon la conformité HTML. Elle permet aux navigateurs de choisir la largeur d’image générée depuis la liste des fichiers définis dans l’argument srcset. C’est une excellente nouvelle pour optimiser les performances tout en tenant compte des évolutions de création de contenus via l’apport des blocs et de la complexité inhérente à la gestion des tailles d’images.
Améliorations sur le chargement des traductions
La priorité de chargement des traductions change dans WordPress 6.7. Cela n’est pas sans avoir créer quelques remous chez les éditeurs qui ont dû proposer des correctifs à la dernière minute tant la portée de ce changement n’est pas anodine.
Télécharger WordPress 6.7
Vous pouvez obtenir gratuitement la mise à jour via le module Tableau de bord puis Mises à jour de votre interface d’administration ou en téléchargeant directement l’archive.
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La version française de WordPress 6.7 « Rollins ».
Mon avis sur WordPress 6.7
En dépit des remous que traverse la communauté WordPress ces derniers mois, il est réjouissant de constater la vigueur de la contribution sur ce projet open source qui ne s’étiole pas – loin s’en faut.
Cette version 6.7 s’inscrit dans la consolidation du Full Site Editing en même temps qu’elle dévoile au plus grand nombre des fonctionnalités enfouies dans le code depuis les versions précédentes. Elle fixe le cap vers l’aboutissement d’un éditeur de site et de contenu toujours plus mature, notamment avec l’API Block Bindings qui apporte la gestion des données dynamiques. L’enrichissement continu des interfaces utilisateurs nous révèle peu à peu le futur de l’écran d’administration de notre système de gestion de contenu favori. Rien que pour cela, vivement WordPress 6.8 !
Crédit photo : Bengt Nyman




Le dézoomage, j’en aurai bien eu l’utilisation ces derniers jours. On est toujours à la traîne pour la gestion des champs personnalisés sur l’ancienne structure de thème – déprimant. Pour le reste, ça a l’air d’aller dans le bon sens même si l’utilisation des thèmes FSE, ça demande un sacré investissement en apprentissage. Toujours pas réussi à finaliser mon projet avec.
En attendant le prochain pétage de plomb de Matt…
L’investissement en formation en vaut clairement la peine, il existe de nombreuses ressources francophones gratuites et payantes à ce sujet notamment chez l’ami Capitaine WP.