Installer WordPress sur un serveur local peut s'opérer sur un serveur NAS (Network Attached Storage) de type Synology. Ces espaces de stockage en réseau disposent de tous les paquets nécessaires au déploiement d'un environnement Apache, MariaDB et PHP. Une excellente combinaison pour développer en local sans impacter votre machine de travail quotidienne.

C’est quoi un serveur NAS Synology ?

Un serveur NAS pour Network Attached Storage ou espace de stockage en réseau est un boitier d’une ou plusieurs baies abritant des disques durs. En termes simples, cela ressemble à un gros disque dur externe à ceci près qu’il exécute un véritable système d’exploitation capable d’exécuter des applications.

Chez Synology, sans doute le meilleur fabricant de NAS au monde, on retrouve une suite incroyables d’applications pour disposer de votre propre cloud privé. La plupart des services connus des internautes comme du partage de fichiers (Google Drive, Dropbox), d’écoute musicale (Deezer, Spotify), de sauvegarde (Time Machine) ou encore de bibliothèque photo (Google Photos, iCloud) disposent de leurs équivalents sur un Synology. La plupart du temps ces applications surpassent même celles des marques citées précédemment.

Côté développement Web, nous retrouvons des paquets comme : Web Station, phpMyAdmin, MariaDB, PHP, node.js et même WordPress – bien qu’à l’instar des modules automatiques des hébergeurs je déconseille de l’utiliser. Les NAS disposent de tous les services de connexion comme FTP, SFTP, SSH et bien plus encore.

Vous l’aurez compris, on peut tout faire avec un NAS dont la capacité de stockage démentielle se chiffre en To.

Quels sont les avantages d’installer WordPress sur un Synology ?

Cette approche nous permet entre autres :

  • D’économiser de l’espace disque sur sa propre machine : la multiplication d’instances locales de vos WordPress augmentent très rapidement la consommation d’espace disque ;
  • De rendre disponible un environnement de développement sur votre réseau local et même à distance : un NAS est directement connecté sur votre réseau, c’est le propre de ce type de boitier alors profitons-en tout en prenant en compte les aspects liés à la sécurité ;
  • De créer des hôtes virtuels (virtual hosts) à la demande : le paquet Web Station nous permet de créer un virtual host par site. C’est donc facile de changer le domaine, le type de serveur (Apache ou nginx), la version de PHP, la présence ou non de HTTPS, les numéros de ports, etc. ;
  • De maintenir une stabilité générale : votre machine va évoluer au rythme des mises à jour de votre système d’exploitation (Windows, MacOS ou Linux). Il n’est pas rare de casser son environnement de développement suite à un changement de version par exemple. Avec son approche par paquet, Synology apporte une stabilité à toute épreuve ;

Il faut bien reconnaître un inconvénient toutefois : la rapidité des échanges entre vos NAS et votre ordinateur dépendront directement de la qualité de votre réseau ainsi que de la puissance de votre NAS. Pour ma part, je ne considère pas cela comme un frein car nous travaillons sur des fichiers de petites tailles.

Comment installer WordPress sur un NAS Synology ?

Prérequis Synology

Ouvrez le Centre de paquets puis installez :

  • Web Station : ce paquet nous permettra de créer les hôtes virtuels pour chaque site ainsi que leurs configurations respectives ;
  • MariaDB : ce paquet n’est autre que le moteur de bases de données ;
  • phpMyAdmin : ce paquet est indispensable pour gérer nos bases de données comme chez n’importe quel hébergeur ;

Les paquets nouvellement installés sont accessibles depuis le menu principal.

Création de l’hôte virtuel

Ouvrez Web Station puis cliquez sur Virtual Host et le bouton Créer :

  1. Définissez un nom d’hôte autrement dit votre nom de domaine. Dans mon cas, j’utilise la terminaison .local ;
  2. Indiquez la racine du document dans un nouveau répertoire sous /web ;
  3. Cochez HTTP/2 et éventuellement HSTS (à désactiver si problème d’accès au site) ;
  4. Choisissez Apache HTTP Server 2.4 pour un serveur stable et le plus répandu sur le Web ou bien nginx pour les connaisseurs ;
  5. Optez pour PHP en version 7, vous pourrez en modifier la configuration dans l’onglet Paramètres PHP si nécessaire ;

Création de la base de données

Lancez à présent le paquet phpMyAdmin depuis le menu principal.

Dans l’onglet Bases de données, saisissez un nom pour votre base et faites Créer. Prenez soin de vérifier que l’encodage est sous la forme utf8mb4_unicode_520_ci ou équivalent.

Créez également un utilisateur avec tous les privilèges que nous pourrons utiliser pour l’ensemble des sites. Vous pouvez aussi en créer un par projet.

Installation standard de WordPress

L’installation de WordPress sur un serveur local ne diffère pas vraiment d’une installation classique.

Commencez par télécharger l’archive officielle en français. Décompressez son contenu que vous placerez dans un nouveau dossier racine de l’hôte virtuel défini plus haut.

Ouvrez donc le nom de domaine défini plus haut en .local puis procédez à l’installation habituelle.

Réglages additionnels

Il vous faudra modifier le fichier hosts de votre ordinateur afin qu’il comprenne où se situe votre domaine .local :

  • Sous MacOS, ouvrez un Terminal puis exécutez la commande sudo nano /etc/hosts et saisissez votre mot de passe après validation. Là, ajoutez autant de lignes que de domaines locaux tel que 192.168.1.x example.local (remplacez l’IP par celle en local de votre NAS) ;
  • Sous Windows, même principe en éditant le fichier C:\WINDOWS\system32\drivers\etc\hosts ;

Vous pouvez également ajouter la déclinaison IPV6 pour éviter les problèmes de performances avec des outils comme Gulp.

Vous disposez à présent d’un environnement de développement local sur votre Synology. Vous pouvez étendre les possibilités à bien des égards car ce type de système embarque tout ce qu’il faut comme services.

4 commentaires
  1. Merci pour cet article qui va me permettre de me lancer dans l’installation d’un WordPress sur mon DS2013.
    J’espère qu’il y en aura d’autres … En tout cas, je m’abonne

  2. Après avoir suivi la procédure, impossible d’ouvrir PhpMyadmin pour créer ma base de données, je tombe sur une fenêtre qui me demande un nom d’utilisateur

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